Il fut un temps, honni par les uns, regretté par les autres, où les chefs étaient respectés par les subordonnés. Aujourd’hui, dans les entreprises en réseaux, mouvantes et complexes, les relations hiérarchiques se sont assouplies. Le respect change de nature et parfois, se mue en irrespect. Les relations au sein des entreprises sont influencées par les mœurs sociales. Les injures, insinuations et invectives sont mises en exergue dans les univers politiques, sportifs et artistiques et débordent dans les organisations.

Les pressions des clients et des concurrents, l’état d’urgence permanent,  la tendance à demander à faire plus avec moins, la peur de l’avenir, l’éloignement des dirigeants, débouchent parfois sur des accès de violence. Le manager, « responsable sous la main », devient la surface de projection de l’agressivité des collaborateurs. Les attaques abondent : « Vous êtes incapable d’obtenir des moyens supplémentaires !», « vous êtes un agent du libéralisme ! », « Vos réunions sont inutiles ! », « vous êtes indigne d’être manager ! »…et bien d’autres encore. Ces invectives sont accompagnées de cris et de gestes intempestifs. Le tutoiement remplaçant le vouvoiement.

Le manager qui pense que ces phénomènes sont adressés à sa personne se sent vite fragilisé. Il est alors tentant de répondre du « tac au tac », sur le même ton. Cette réaction nourrit une escalade symétrique : agression, contre agression, contre agression de la contre agression…jusqu’à la rupture ou le procès. Le manager est alors  comme l’autre, agressif et irresponsable.

La  représentation institutionnelle est l’une des fonctions du manager. Le titulaire de ce rôle doit en être digne et lui faire honneur à tout moment.

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