Il fut un temps, honni par les uns, regretté par les autres, où les chefs étaient respectés par les subordonnés. Aujourd’hui, dans les entreprises en réseaux, mouvantes et complexes, les relations hiérarchiques se sont assouplies. Le respect change de nature. Les pressions des clients et des concurrents, l’état d’urgence permanent subit par de nombreux collaborateurs, la tendance à faire plus avec moins, et pléthore d’autres agents stresseurs, débouchent parfois sur des accès de violence.

Le manager, « responsable sous la main », devient la surface de projection de l’agressivité des collaborateurs.

Les agressions abondent : « Vous êtes incapable d’obtenir des moyens supplémentaires !», « vous êtes un agent du libéralisme ! », « Vos réunions sont inutiles ! », « vous auriez mieux fait d’être marchand de cacahuètes au lieu d’être chef ! »…et bien d’autres encore. Ces invectives sont accompagnées de cris et de gestes intempestifs. Le tutoiement remplaçant le vouvoiement.

Il n’y a pas de fumée sans feu, ces agressions révèlent une part de vérité. S’il n’adopte pas la distance nécessaire, le manager peut se sentir fragilisé, voire paniqué. Il est alors tentant de répondre du « tac au tac », sur le même ton. Cette réaction déclenche ce que les systémiciens nomment « escalade symétrique » : agression, contre agression, contre agression de la contre agression…jusqu’à la violence exacerbée.

Le manager, dans ces situations, est comme l’autre, agressif et irresponsable. Il est semblable à l’agresseur lorsqu’il fait comme lui.

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