Les coulisses de la communication

Le blog de Catherine Sorzana

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Comment mieux vivre sa prise de parole en public ?

8th March 2010 · Communication, Formation, Media Coaching, Prise de parole

Penser à son public et à ce qui l’intéresse avant de construire son intervention.  Noter quelques idées claires, concises et imagées.  Et surtout, être soi-même. Voilà, idéalement, comment on devrait se préparer avant chaque prise de parole en public.

Mais, plus précisément, que faire pour se sentir prêt ?

Je vous propose quelques clés simples pour vous mettre en condition, très en amont ou juste avant vos interventions orales :

Que faire de temps en temps, pour être progressivement plus à l’aise à l’oral ?

- Lire des textes à haute voix, pour vous habituer au son, aux modulations, au rythme de votre voix. Vous habituer à les lire un peu plus fort, à varier le volume, pour apprendre à parler plus fort sans que cela vous déconcentre

- Faire des exercices simples de diction (on en trouve plein sur le net. Personnellement, j’aime bien : “Le fisc fixe exprès chaque taxe excessive liée exclusivement au luxe et à l’exquis”…)

- Faire des exercices de décontraction

- Sentir et repérer votre respiration abdominale, allongé sur votre lit (c’est allongé qu’on la trouve le plus facilement). Essayer de respirer “avec le ventre” à différents moments de la vie de tous les jours

- Vous entraîner à communiquer vos émotions sans paroles. A l’aide du regard, des expressions du visage. Vous appuyer davantage sur votre communication non-verbale, sur le fait de ne pas communiquer uniquement avec des mots

Que faire avant votre intervention :

- Trouver votre message essentiel. Votre “attaque”. Votre fin. Et la façon d’ouvrir le débat, si un débat est prévu.

- Trouver votre dynamique. Votre façon d’organiser le discours, selon votre logique, votre conviction. Pour arriver à être vous-même, il faut commencer par avoir un discours qui vous ressemble.

- Répéter. Plusieurs fois. De façons différentes. Répéter toute l’intervention. Ou seulement les points clés. Répéter le début. Répéter la fin ( mais… ne pas trop répéter non plus, pour ne pas perdre votre naturel et toute envie de refaire, encore une fois, une prise de parole que vous détestez à force de l’avoir trop répétée… )

- Réfléchir à vos exemples. A vos illustrations.

Que faire juste avant votre prise de parole ?

- Si vous n’avez pas encore beaucoup parlé ce jour-là, parler un peu pour vous chauffer la voix

- Faire quelques mouvements pour détendre les muscles qui se crispent avec le trac (cou, épaules, bras…) Et quelques grimaces pour détendre votre bouche et votre visage

- Prévoir un moment de calme, un “sas de décompression” pour vous rassembler, vous retrouver avant d’intervenir

- Utiliser la technique des images mentales positives (comme les sportifs), pour vous reprogrammer et être plus serein. Puisque le secret pour progresser, c’est d’arriver à prendre davantage de plaisir à intervenir en public.

Je vous donnerai dans un prochain billet les clés pour mieux vivre vos cinq premières minutes…

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La communication vaut-elle la peine d’être vécue ?

22nd February 2010 · Communication, Crise

Les blogs ont souvent des outils intégrés qui permettent de voir ce que leurs lecteurs cherchent. Quels mots-clés ils ont tapé pour arriver là. Habituellement, les mots-clés que vous tapez  et qui vous font atterrir sur ce blog sont : Prise de parole, Media Coaching, Communication de crise…  Il y a des questions, aussi : Comment mieux se servir de sa voix ?  Comment ne pas avoir peur de prendre la parole ?

Le 5 février dernier, je découvre que quelqu’un a été dirigé sur mon blog après avoir tapé : « Réflexion d’un dircom qui se demande si la communication vaut bien d’être vécue ».

J’en suis restée rêveuse une partie de la soirée…

Car, oui, la communication prend de plus en plus de place dans la vie de l’entreprise. Ce n’est pas un sujet neutre, la manipulation est toujours un risque. Et les Dircom sont souvent en première ligne. Ce soir-là, je pensais à tous ces communicants qui répètent sans arrêt que la forme est plus importante que le fond, que connaître les clés de la communication c’est avoir accès au pouvoir. Je me disais que certains Dircom, qui ont des valeurs, des convictions, doivent parfois se sentir un peu seuls…

J’ai envie de vous répondre aujourd’hui, cher Dircom qui se demande si la communication vaut bien d’être vécue. De vous donner mon sentiment, en tout cas. Je crois qu’il y a trois points qui peuvent faire perdre confiance en la communication de son entreprise :

-         Qu’on vous pousse à communiquer d’une manière qui n’a pas de sens

-         Qu’on vous pousse à communiquer d’une façon qui manque d’éthique, qui cherche à manipuler

-         Qu’il manque, au sein de l’entreprise, une prise de conscience du rôle, important, de la communication

Pour que la communication vaille la peine d’être vécue, il faut résister au discours ambiant. Lutter contre des phrases et des attitudes  décourageantes. Et d’abord, contre cette croyance déprimante : en communication, et surtout à l’oral, il n’y a que la forme qui compte. C’est faux. La seule façon de produire des messages qui durent, c’est de trouver une forme adaptée au fond qu’on veut faire passer. C’est de lier les deux. Et de sortir de cette tyrannie actuelle : produire une forme séduisante, quasiment détachée du fond.

On peut, bien sûr, travailler la forme indépendamment du fond. Un peu comme les nageurs qui font de la musculation à côté de la natation : travailler la forme, s’entraîner, c’est un complément, une façon de renforcer ses techniques de communication. Mais penser que cela suffit, qu’on peut se dispenser d’avoir du fond, c’est limité et déprimant.

Au-delà du sens, il y a l’éthique. Comment ne pas tomber dans le jeu de la manipulation ? Il y a déjà une chose qu’on peut faire : admettre une bonne fois pour toute qu’il n’existe pas de communication objective. Et donc, qu’il est nécessaire, pour être honnête, de dire «d’où on parle ». Exprime-t-on le point de vue d’une catégorie de salariés ? De la direction ? Pas de problème, à partir du moment où on le dit clairement.

Une communication subjective, assumée comme telle, argumentée, factuelle, c’est déjà une base d’échange saine. Cela permet de confronter plusieurs points de vue, au lieu d’essayer de faire croire qu’il n’y a qu’une seule vérité, une seule façon de voir les choses.

Et puis, il y a la perception de la communication au sein de l’entreprise. Est-elle considérée comme une charge, un coût générateur de coûts ? Un secteur dont on peut couper les budgets en temps de vaches maigres ? Et lui demande-t-on seulement d’être efficace en situation de vente ou lors d’une crise ? Si c’est le cas, le Dircom devra faire preuve de pédagogie pour montrer la partie immergée de la communication (comme pour les icebergs, le plus important est ce qu’on ne voit pas…), l’utilité d’un travail de fond, d’un travail sur la durée. Parce que la « com » ne marche pas très longtemps si on veut en faire une sorte d’outil sans foi ni loi, au service de la courbe des ventes. Surtout de nos jours où le côté « éthique », « responsable » du business gagne du terrain.

Finalement, je dirais que la com d’entreprise vaut la peine d’être vécue si l’équipe dirigeante a pris conscience de son vrai pouvoir comme de ses limites. De ses règles particulières, aussi, qui ne sont pas toujours les mêmes que les règles commerciales.

La com vaut toujours la peine d’être vécue quelque part, au sein de certaines équipes, de certaines entreprises. Je vous souhaite, cher Dircom, de travailler pour une de ces entreprises. Aujourd’hui, ou très bientôt…

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Prise de parole en public : la force d’une formation action

8th February 2010 · Communication, Formation, Media Coaching, Prise de parole

J’entends souvent, lors de trainings en prise de parole : « Quand je dois m’exprimer en public, je suis quelquefois dans le bon état d’esprit et ça se passe très bien. Mais je peux aussi me sentir moins bien avant de commencer, et dans ce cas-là, je ne suis pas bon ».

Qu’est-ce qui fait la différence ? Comment dépasser ce risque de pile ou face, pas très sécurisant ? Et une formation à la prise de parole en public peut-elle vous aider à être plus serein ?

En fait, pour bien se préparer à prendre la parole, il faut se préparer à trois niveaux : tête, cœur, corps.  Or, souvent, on se contente de préparer sa tête à prendre la parole et on oublie les deux autres aspects. Ou on ne prépare qu’un texte, quelques slides, sans penser à se conditionner de la bonne façon, ni à prévoir quelle interaction on pourrait avoir avec le public.

Le paradoxe, c’est qu’à l’oral, il ne suffit pas de parler. Il faut transmettre de l’énergie à son auditoire. Lui donner envie. Envie de vous écouter, d’en savoir plus, de faire ce que vous lui conseillez.

C’est pour cela qu’une formation-action peut être particulièrement utile. Plus efficace qu’une formation classique. Les personnes qui suivent une formation-action ne sont pas formées à la prise de parole « dans l’absolu ». On ne leur demande pas de passer du temps à acquérir des connaissances théoriques sur la manière de s’exprimer. La formation a au contraire été construite autour de leurs besoins  particuliers, autour des situations où elles doivent être efficaces à l’oral. Elle est donc plus dynamique.

Une équipe commerciale qui apprend à mieux construire ses argumentaires, sa manière de décrire son entreprise. Des responsables, des ingénieurs qui se préparent aux situations d’appel d’offres. Un cadre qui va prendre de nouvelles fonctions et qui devra changer de niveau de langage, de niveau de synthèse selon ses interlocuteurs. Beaucoup de profils différents peuvent tirer parti d’une formation-action à la prise de parole.

Lier le travail sur la prise de parole en public à un sujet qui a une importance stratégique permet de mieux comprendre le principe de dynamique à l’oral. A mieux comprendre comment mobiliser son énergie, comment parvenir à une bonne implication émotionnelle et physique. Comme un fildefériste qui va trouver des mouvements plus justes si son fil est plus haut. Ou comme les journalistes radio que je forme, qui me disent qu’ils sont meilleurs lorsqu’ils sont en direct. Etre dans une dynamique, positive, c’est ce qui change tout à l’oral. Et les mises en situation d’une formation-action permettent de toucher cette réalité du doigt.

Travailler en partant des situations qui créent du trac, de l’appréhension, pour lesquelles il y a un enjeu.  Pour apprendre à identifier, à canaliser l’émotion et l’énergie produites par ce trac et ensuite à les « recycler ». A les transformer en énergie positive et en pouvoir de conviction. L’efficacité de cette manière de procéder permet vraiment de répondre aux besoins stratégiques de l’entreprise et aux besoins de développement personnel de l’individu, en même temps.

En fait, je dirais que suivre une formation-action, c’est comme apprendre à conduire, dans la circulation, avec un moniteur qui vous accompagne. On voit bien la différence avec une formation classique, qui est plus proche de l’apprentissage du code de la route…

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Qu’est devenu le “ticket psy” ?

1st February 2010 · Communication, Crise

Le « ticket psy », on s’en souvient, c’était ce dispositif mis en place en 2008 qui permettait au médecin du travail de délivrer au salarié en souffrance des tickets (achetés par carnets par l’entreprise dudit salarié). Ces tickets permettaient d’aller voir un psy. L’entreprise donnait au salarié qui en exprimait le besoin (par l’intermédiaire du médecin) des « tickets psy », un peu comme elle lui fournissait des « tickets restaurants ».

Le salarié ne pouvait avoir accès à un psychologue de son choix : la liste des praticiens qu’il pouvait consulter était établie par l’entreprise. Le syndicat national des psychologues regrettait un manque de clarté sur la formation des « psys » figurant sur ces listes. Beaucoup parlaient de « gadget pour donner bonne conscience à l’entreprise ».

Le Conseil de l’Ordre des médecins était aussi très critique : il pointait du doigt le risque de violation du secret médical. Et, par conséquent, la pression que pourraient exercer les DRH munis de certaines informations que des psys, mal formés ou plus attentifs à l’origine de leurs revenus qu’à leurs patients, risquaient de leur fournir.

Je ne sais pas ce qu’est devenu ce dispositif. On n’en parle plus beaucoup. Ou en mal : Laurent Mahieu, spécialiste des risques psycho-sociaux à la CFDT confiait récemment au journal Courrier Cadres que pour gérer le stress en entreprise il ne fallait pas « se précipiter sur des solutions miracles comme le ticket psy ».

Je ne pense pas que ce système de « fast-psy » ait eu un développement phénoménal. Je serai d’ailleurs ravie si vous me donnez, en commentaire de ce blog, des nouvelles de ce qu’il devient dans votre entreprise.

Mais je pense qu’il faut être très prudent avec ces questions. L’Entreprise n’a pas vocation à jouer le rôle de thérapeute de ses salariés. Certaines personnes ont d’ailleurs une méfiance vis-à-vis du coaching qui vient de là. Elles se demandent : en me coachant, va-t-on essayer de me changer ? De me « soigner » pour que je sois plus conforme à ce qu’attend l’entreprise ?

Et les coachs doivent toujours être vigilants sur ces points. Ne surtout jamais céder à ce travers.

Non, l’entreprise n’est pas là pour soigner, pour « remettre en état » ses salariés. Elle doit juste créer et faire en sorte de maintenir des conditions de travail correctes. Des conditions de travail qui permettent au salarié de ne pas avoir besoin d’un soutien psychologique, d’un soutien médical. On ne demande pas à l’entreprise de « réparer » le salarié. On lui demande juste de ne pas créer des conditions de travail qui le « détraquent ».

Aujourd’hui, où le stress est très présent en entreprise, la démarche même de donner un ticket à quelqu’un pour aller voir un psy me paraît douteuse. Cela induit que c’est le salarié qui est responsable de sa guérison (ou coupable de ne pas aller mieux malgré ces rendez-vous…).

Alors que finalement, il n’y a que deux grands cas de figure.

Soit le salarié va mal surtout pour des raisons personnelles. Et ce n’est pas à l’entreprise de le « guérir ». Si on veut l’aider, qu’on allège plutôt sa charge de travail momentanément. Qu’on mobilise son manager  -son N+1 comme on dit aujourd’hui- pour prendre un café avec lui et parler un moment. Qu’on lui accorde des jours de repos. Ou un congé maladie (si le mal être a atteint le stade de la maladie).

Soit le salarié va mal surtout à cause de ses conditions de travail. Et dans ce cas, à quoi servira d’aller voir un psy qui ne pourra rien résoudre ? Que pourra-t-il faire de plus que ce que doit faire le médecin du travail ?

En fait, ce que je reproche au « ticket psy », c’est d’être « trop » ou « pas assez ». D’être déplacé, quel que soit le cas de figure. C’est d’autant plus regrettable que le rôle d’un bon psychologue, finalement, c’est de nous aider à remettre les choses à leur place…

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Avez-vous assez de vocabulaire ?

25th January 2010 · Communication, Formation, Media Coaching, Prise de parole

Dans les formations à la prise de parole que j’anime, il arrive régulièrement qu’une personne me dise : « Je ne serai jamais un bon communicant. Je n’ai pas assez de vocabulaire ».

Il s’agit en général de personnes réservées, manquant de confiance en elles, mais dont la capacité à communiquer est bonne. Elles ont une manière de s’exprimer assez fluide, une bonne écoute…  Pourtant, elles ont une image dégradée d’elles-mêmes. L’impression de manquer de compétence, de talent à l’oral.

En creusant un peu la question, j’ai fini par apprendre de l’un de mes stagiaires qu’un instituteur de primaire lui avait dit un jour qu’il « n’avait pas assez de mots pour s’exprimer. » Que ce qu’il disait « n’était pas intéressant parce qu’il n’avait pas assez de vocabulaire ». Et lors des formations suivantes, lorsque j’ai demandé à ceux qui souffraient du même complexe ce qui en était, ils ont toujours évoqué la même cause…

Je suis souvent étonnée par les dégâts qu’on peut faire en donnant aux enfants une mauvaise image de leur façon de communiquer. Simplement parce qu’on a formulé les choses d’une façon négative et définitive. Qu’on a associé le fait de ne pas savoir avec le fait de ne pas être intéressant. Bien sûr, l’instituteur en question (on ne disait pas encore, à l’époque, « maître des écoles ») n’est pas le seul responsable. Pour que l’impression soit si forte, c’est que l’entourage, les parents devaient aussi avoir une manière négative de formuler les choses.

Mais à cause de ces comportements, une partie importante du travail lors des sessions de formation en prise de parole consiste à transmettre des repères clairs pour que les personnes formées aient une image plus juste de leurs prestations et d’elles-mêmes. Pour qu’elles puissent prendre – ou reprendre- confiance en leurs interventions en public. Pour qu’elles comprennent comment aller chercher en elles-mêmes l’énergie, l’implication, le volume sonore nécessaires à une intervention orale réussie. Pour qu’elles dépassent leur peur d’être jugées. C’est presque aussi important que les techniques enseignées.

Et quand j’entends ce « je n’ai pas assez de vocabulaire » revenir, encore et encore, je pense aux personnes qui n’ont pas la chance de pouvoir y réfléchir lors d’une formation. Qui continuent à se sentir déficientes, à croire que ce qu’elles disent n’a pas d’intérêt parce qu’elles n’ont pas « assez de mots ». A se dire, même, qu’elles ne sont pas faites pour communiquer.

Donc, si vous aussi vous pensez que vous n’avez pas assez de vocabulaire, si vous êtes tenté d’ajouter un peu de jargon à vos propos pour les rendre plus denses, si vous ne parlez pas très fort ou trop vite parce que vous vous dites que votre discours n’est pas assez intellectuel donc pas assez intéressant… détrompez-vous et faites l’inverse.

Enlevez le jargon. Clarifiez vos propos. Insistez sur l’essentiel. Prenez davantage votre temps. Soyez audible, impliqué, vivant.  Mettez le message principal au début. Pensez à illustrer votre discours, pensez aux exemples. Et vous vérifierez par vous-même que passé le cycle primaire, le vocabulaire ne fait pas tout.

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Twitter, Facebook et rock’n roll…

18th January 2010 · Insolite

Il y a quelques décennies c’était plutôt « drug, sex … » qu’on associait à « …rock’n roll ». Aujourd’hui, les rockeurs se sont mis à la communication virtuelle et pour certains, elle remplace même les paradis artificiels d’hier.

Stéphane Davet, un journaliste du Monde, raconte qu’il a surtout croisé, dans les derniers festivals qu’il a parcouru, des musiciens en train de chatter sur Facebook, de visionner les vidéos d’autres musiciens sur You tube, de pianoter sur Myspace ou de répondre à leurs mails.

L’abus d’alcool et de drogue a toujours fait partie de la mythologie des grands groupes de rock. Il s’explique en partie par les moments d’ennui et même de déprime liés aux tournées. Après l’excitation de la scène, certains musiciens ont du mal à supporter les longs temps d’attente, le désoeuvrement du voyage, l’éloignement de leurs bases…

Mais heureusement, Internet est arrivé ! Aujourd’hui, chaque musicien, chaque technicien a son « laptop », son smartphone. A tel point que lorsqu’une salle de concert n’a pas le Wi-Fi, cela devient un drame…

Certains, comme Charlie Winston, en sont même à « s’imposer une discipline pour ne pas être esclave » de leur ordinateur portable.

Des rockeurs qui essaient de se désintoxiquer de Facebook, Myspace et Twitter.

Comme nous…

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Trouver sa voix

4th January 2010 · Communication, Formation, Media Coaching, Prise de parole

Pourquoi ne nous apprend-on pas, à l’école, à travailler notre voix ?

Car, si on ne maîtrise pas sa voix, comment être convaincant ? Comment manager d’une manière détendue, par exemple, si on sait qu’à la moindre réunion, à la première occasion de prise de parole en public, notre voix ne nous soutiendra pas à 100% ?

Chaque fois que je forme quelqu’un à la prise de parole, au moment où il trouve sa voix, je sais que le reste va se débloquer plus facilement. Que la confiance va venir, qu’il va cesser d’aller trop vite, qu’il va insister plus naturellement sur les points forts de son discours.

Il y a des techniques, qui m’ont été transmises lorsque j’apprenais le chant lyrique, qui permettent de donner de l’intensité à sa voix en prenant conscience de la « colonne d’air », en trouvant le bon placement.  Il faut que quelqu’un vous montre comment faire, bien sûr, mais ce n’est pas sorcier. En tout cas, pour comprendre les techniques de base (les chanteurs, eux doivent travailler toute leur vie…).

Quelquefois, pour mieux placer sa voix il suffit de commencer par décrisper sa mâchoire, qui a tendance à être serrée à cause du trac. Bâiller, une ou deux fois, avant de parler, pour se détendre.

Ne pas se tenir voûté ou avachi, pour mieux respirer et ne pas étouffer les sons.

Quelques conseils précis, un peu de travail personnel et on trouve son rythme, son ton, sa « couleur » de voix…

Tout cela aide tellement à prendre confiance. Pourquoi n’apprend-on pas ces bases, sous forme de petits exercices simples, ludiques, aux enfants ?

Pour mieux maîtriser sa voix, il faut aussi développer son oreille.

Vous pouvez vous y entraîner. Quand vous entendez une voix, demandez-vous si elle est douce, métallique, aiguë, étouffée, tremblante, puissante, chevrotante, caverneuse, claire, musicale… Mettez des mots précis sur les sensations qu’une voix éveille en vous.

Comparez-là à un instrument de musique. Vous fait-elle penser à une flûte, une trompette, un piano ? Le son est-il plein ou au contraire voilé ? Est-elle criarde ? Monocorde ?

Petit à petit, vous verrez que cette attention portée aux autres voix a un impact positif sur la vôtre. Vous la traiterez mieux. Vous risquerez moins de la brutaliser sans même vous en rendre compte.

Il y a beaucoup de petites choses à apprendre sur sa voix et prendre conscience de ces petites choses change d’une manière étonnante vos prises de parole.

Qui plus est, chaque fois que j’ai transmis des notions de ce genre à des étudiants, j’ai vu à quel point ils les intégraient vite, à quel point cela leur paraissait ensuite naturel.

Il y a aussi d’autres techniques, que j’ai apprises au théâtre, qui permettent d’improviser et de reprendre la main, même lorsqu’on a un public agressif en face de soi. En partie en utilisant le non-verbal : le regard, le rythme de la voix et ce qu’on appelle “les appuis fondamentaux”…

Si on enseignait ces techniques à nos enfants, ils auraient confiance en eux plus tôt. Ils hésiteraient moins à exprimer ce qu’ils pensent et ce qu’ils sont. Ils seraient aussi moins dupes de ceux qui utilisent les « effets de manches » de la communication pour les impressionner

Tout ce que j’ai appris, tout ce que je transmets lors des formations que j’anime me pousse sans arrêt à me poser cette question : pourquoi n’apprend-on pas à nos enfants ce qu’est le « non-verbal », comment fonctionne leur voix et comment s’en servir ?

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Florence Aubenas : une leçon d’image

21st December 2009 · Communication, Crise, Journaliste

Florence Aubenas a été élue le 2 juillet 2009 à la tête de l’Observatoire International des Prisons.

Elle a été, avant cela, journaliste à Libération pendant une vingtaine d’années, elle a passé aussi quelques années au Nouvel Observateur. Mais ce n’est pas pour cela que le grand public connaît son nom.

Pourtant, après sa captivité en Irak en 2005, Florence Aubenas n’a jamais voulu qu’on la réduise à son rôle d’otage.

En journaliste, qui comprend exactement comment fonctionnent les Medias, elle a accordé dès sa libération toutes les interviews nécessaires pour remercier ses soutiens et donner les informations qu’elle jugeait devoir au public. Elle savait que c’était indispensable et même si elle était épuisée, elle l’a fait. Il y a des informations sur les conditions de sa détention qu’elle a refusé de donner, elle l’a annoncé dès ses premières interviews et elle n’a jamais changé d’avis.

Et puis au bout d’un moment, elle a décidé que c’était bien comme ça, qu’elle avait assez raconté ce qu’elle avait vécu et elle s’est remise à son livre sur l’Affaire d’Outreau, qu’elle avait commencé avant son enlèvement.

Elle aurait très probablement gagné beaucoup plus d’argent en racontant dans le détail tout ce qui s’était passé pendant ses mois de captivité. Elle a préféré tracer sa route et ne pas rester « l’otage de service ».

Bien sûr, son enlèvement reste dans les mémoires. Mais les journalistes s’occupent à présent de ses prises de position en tant que Présidente de l’OIP, lui demandent son avis sur le projet de loi pénitentiaire voté par l’Assemblée, la traitent comme ce qu’elle est : quelqu’un qui a travaillé pendant plus de vingt ans sur la condition pénitentiaire.

Elle a respecté certaines règles fondamentales de communication : donner de l’information lorsque c’était indispensable, annoncer ce qu’elle allait faire et s’y tenir, ne pas alimenter la presse lorsqu’elle a estimé qu’elle avait fait le tour de la question, parler de ce qui était important pour elle au lieu de se contenter de répondre passivement aux questions.

Elle a repris la main.

Je trouve qu’elle nous a donné une leçon de courage et de pudeur au moment de sa libération.

Elle complète l’exercice en nous donnant une leçon de lucidité sur le fonctionnement des Medias et sur la gestion de son image.

Pour moi,  elle fait partie des gens qui donnent confiance en l’être humain…

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Prise de parole en public : comment marquer des points

14th December 2009 · Communication, Formation, Media Coaching, Prise de parole

On me demande souvent comment être convaincant à l’oral. Comment avoir plus de présence, faire des interventions plus marquantes.

Il faut avant tout structurer son intervention d’une manière adaptée. Mais ensuite, ce qui fera la différence passera plus par ce qu’on appelle le « non-verbal ».

Pour un grand nombre d’entre nous, apprendre à maîtriser sa voix améliore de façon étonnante l’impact à l’oral. Il s’agit par exemple de comprendre comment utiliser la respiration abdominale pour dépasser son trac, pour gagner en intensité, pour amplifier les vibrations qui donnent de la force à la voix. De toucher du doigt comment une utilisation subtile de l’articulation peut permettre d’avoir plus d’autorité. De pratiquer l’entraînement auquel se soumettent les comédiens et qui leur permet de gagner en présence, car il s’agit bien d’un entraînement plus que de « trucs ».

Pour certains, le déclic viendra de la découverte du côté physique de la prise de parole en public : l’ancrage au sol, les différents appuis, la manière d’aller chercher de l’énergie en soi pour la transmettre à son public…

Chez d’autres, cela passera par une meilleure utilisation du regard, du sourire, des silences.

Mais il faut faire attention à ne pas se contenter d’accumuler des techniques en croyant que cela nous donnera du talent.

Une bonne intervention orale passe toujours par une prise de confiance. Par l’identification des techniques particulières qui nous correspondent, qui peuvent nous faire grandir, selon notre personnalité. Puis par la conscience qu’il est nécessaire de se mettre un peu en danger, de s’appuyer sur ceux à qui on s’adresse, de faire évoluer son discours au gré de l’échange. On est plus convaincant lorsqu’on est dynamique, en mouvement.

Et une bonne formation, ou un bon coach, doit vous apprendre à trouver votre propre façon d’exprimer les choses, votre propre équilibre, comme on apprend à quelqu’un à marcher sur un fil. On ne doit jamais vous charger d’informations, d’apprentissages au point de vous alourdir et de vous faire hésiter à prendre votre propre voie…

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Avez-vous une communication durable ?

7th December 2009 · Communication

« Cette année, nous avons décidé de miser davantage sur la communication durable ».

Je demande à ce Responsable Communication d’une entreprise industrielle ce qu’il met derrière cette notion, qui me semble un peu opaque et fourre-tout.

« On pollue le moins possible, et, bien sûr on le fait savoir. Mais aussi, on s’occupe mieux des personnes. On accorde plus d’importance à la communication interne qu’il y a cinq ans, par exemple. »

Il me raconte alors qu’à cette époque, en pleine fusion, ils avaient réparti les nouvelles tâches et les nouveaux postes avec une consultation minimale des personnes concernées et une implication presque inexistante des RH. Les RH n’étaient intervenues qu’après coup, pour faire un bilan et réparer les dégâts. Typiquement ce que la communication durable est censée éviter !

Une communication durable c’est d’abord une communication qui privilégie le développement durable. Meilleure gestion des ressources : on limite les impressions papier, on choisit des papiers recyclés… On privilégie la communication dématérialisée pour éviter des déplacements inutiles. Mais à quoi sert de mieux gérer les biens matériels si on gère mal les personnes ?

C’est donc, aussi, une communication socialement responsable. Qui traite les personnes avec plus de respect. Qui privilégie l’échange, la consultation, la participation.

On commence à trouver des outils pour communiquer plus «durablement» : le logiciel  écopublicité, par exemple, créé par PWC et Havas Media, permet d’évaluer la performance environnementale d’une campagne de pub.

Mais on peut, dans d’autres cas, faire le choix du bon sens et se passer d’outils. Une entreprise s’est ainsi demandé à quoi servirait de développer une plateforme pour favoriser le co-voiturage. Elle ne serait probablement utile qu’au début, le temps que les personnes se connaissent. Elle a donc mis en place quelques « petits-déjeuners/rencontres », envoyé des listes de mails accompagnés des zones de résidence des salariés intéressés et cela a suffi.

Il me semble qu’avant tout, il faut faire attention à ne pas tomber dans le gadget. Il doit y avoir un véritable engagement dans le durable, pas seulement un engagement apparent utilisé pour se faire de la publicité.

Ainsi, Nicolas Hulot a réagi quand il a appris qu’on voulait installer un circuit de Formule 1 « durable » à côté de Paris, en disant que ça lui donnait un peu la nausée. Il a rappelé qu’employer l’expression « développement durable » à tout bout de champ ne devait pas devenir une « camomille mielleuse destinée à nous faire digérer nos excès ».

Et vous, dans votre entreprise, êtes-vous passé à la « communication durable » ?

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